LE MODELE ENTITE-ASSOCIATION (2)
2. Elaboration du modèle
Les concepts de base du modèle entité-association ayant été présentés, on donnera ici quelques éléments directifs en matière d'analyse d'une réalité à modéliser, en gardant à l'esprit les points suivants :
Il n'y a pas une modélisation qui serait idéale face à un même problème : selon les hypothèses faites sur ce que l'on veut gérer présentement et à terme, il y a des modèles possibles plus ou moins complets ou corrects.
Les concepts exposés plus haut sont minimaux et permettent de traiter bon nombre de situations courantes. Mais des réalités complexes et des sémantiques subtiles ne peuvent être appréhendées qu'à l'aide d'extensions qui n'ont pas leur place ici.
Le but de la modélisation est d'inclure le maximum de cohérence sémantique au niveau du modèle conceptuel des données pour éviter par la suite d'avoir à gérer cette cohérence par programme dans les traitements effectués. Mais bien évidemment il y aura toujours une part non négligeable de la cohérence qui restera à assurer au niveau du "Système de Gestion de Base de Données" (SGBD) ainsi qu'au niveau des traitements effectués.
A toutes les étapes de la modélisation, on est amené à analyser une description de la réalité qui peut s'avérer incomplète, ambiguë ou sujette à caution. Et donc bien souvent on fait des choix ou des suppositions, c'est-à-dire des hypothèses. Ces dernières devront toujours être énumérées afin de pouvoir par la suite, au cours d'investigations supplémentaires, lever les doutes qu'elles expriment.
Ceci étant dit, on propose dans ce qui suit quelques conseils sur la manière d'analyser systématiquement une situation et de la traduire en un modèle de données.
2.1. Recueil des données de baseAu cours de l'étude préalable du système d'information, on est amené à travers interviews, lecture des documents administratifs et des imprimés existants à répertorier toutes les données élémentaires et élaborées qui existent ou devraient exister.
Ce faisant, on aboutit à une liste aussi exhaustive que possible de ces données de base. On pourrait presque parler à cet égard d'une approche de type "aspirateur" consistant à récupérer tous les "mots" potentiellement utiles et descriptifs de la réalité perçue. On débouche ce faisant sur une sorte de "dictionnaire" des données de la réalité. Il convient d'aboutir à une définition précise de chacune d'entre elles ainsi qu'à une identification de leur valeurs possibles, des conditions de leur apparition (création) et de leur élaboration (mises à jour), de leurs liaisons croisées. C'est cette analyse préalable qui est alors le matériau de base pour la modélisation au cours de laquelle seront identifiés entités, associations, attributs, dépendances fonctionnelles, identifiants, cardinalités et contraintes d'intégrité.
2.2. Identification des entités et des associationsD'une manière générale, la réalité peut être décrite sous la forme de phrases simples du genre :
sujet
------ verbe ------ complémentCes phrases mettront en jeu les "mots" catalogués dans la phase précédente. Il s'agit alors, dans la modélisation, de décider, au vu du contexte de ces phrases :
si le sujet ou le complément correspond à un objet de la réalité ayant vocation à devenir une entité ou une association ou encore un attribut,
si le verbe exprime une dépendance fonctionnelle dans laquelle le complément serait un attribut,
ou si ce verbe suggère une association dans laquelle le complément constituerait une autre entité.
L'existence de pluriels dans ces phrases suggérera de son côté des valeurs des cardinalités entre entités et associations. On voit que la modélisation est une construction itérative et constamment remise en cause, contrôlée d'une part par la sémantique contenue dans la réalité, d'autre part par les concepts décrits et un certain nombre de règles qui seront énumérées dans la partie 4. Pour l'instant, on présentera un deuxième exemple sur lequel on illustrera cette démarche ainsi que les questions de validation du modèle qui suivront.